Depuis que tout le monde le clame haut et
fort, le décline en texto mail pancarte tweet et compagnie, je suis très mal à
l'aise. D'abord tout simplement parce que je suis moi, mais ce serait trop
simple de ne pas vouloir l'expliquer dans le contexte; Bien sûr je suis contre le terrorisme et je trouve bien sûr
cet acte odieux, que rien ne justifie, car la mise à mort n'est pas justifiable,
en aucun cas, et surtout pas dans celui là ; C'est le slogan
que je n'arriverai jamais ni à dire ni à écrire ; je suis mal à l'aise car même
si cette immense vague positive est très émouvante, elle est aussi représentative de quelque chose auquel je n'adhère pas, à une sorte de moutonisme amplifiée par les réseaux
sociaux , qui permet de reprendre à son compte quelque chose qu'on comprend à
peine, mais surtout parce que cette chose là nous cache les autres, la politique et le
reste . Je ne prétends pas la comprendre, la politique, bien au contraire, parce
qu'aussi je n'aime pas ce qu'il y a à comprendre,
c'est à dire les rouages de l'hypocrisie ; l'hypocrisie des dirigeants qui
brandissent la religion pour rallier le peuple à leur cause alors qu'il ne s'agit
que de pouvoir et d'argent, l'hypocrisie de nos dirigeants "laïques"
qui brandissent leurs bons sentiments (et là, ils ont fait bien attention de ne
pas faire apparaitre leur drapeau), les seuls non hypocrites c'est bien "nous",
ceux du peuple, ceux qui ont brandi leur pancarte, "je suis Charlie" mais
"nous" sommes les dindons de
la farce. Voilà pourquoi je ne veux pas être Charlie; finalement c'est très
simple; Je ne veux pas cautionner un système qui nous empêche de réfléchir ,
qui permet avec 3 mots de se rallier à une cause et de se sentir bien après car
la cause est bonne; ouf, on a fait notre BA nous sommes allé à la manif. Ouf,
on a fait notre BA nous avons fait notre prière, ouf on a fait notre BA nous
avons tué ceux qui ont insulté le prophète. Je ne met pas ces 3 actions sur le
même plan au niveau moral mais je les compare car elles sont le résultat d'un
endoctrinement qui me fait peur. Et ces 3 mots là, sont particulièrement gênant
car ils occultent "le sujet" comme dirait mon psy: c'est le cas de le
dire, on ne pouvait pas faire mieux. Le sujet a ici en plus un double sens
celui de chacun de nous comme individu et celui de la politique. Et c'est bien
le problème de notre société: qui suis je? De quoi ai-je vraiment envie? Est ce
que la politique et l'économie qui en découle nous donne les moyens de nous
poser ces questions là? Je ne le crois pas dans beaucoup de pays et
malheureusement aussi en France. Car je ne crois pas non plus que les tueurs
ait eu profondément envie de commettre leurs crimes (leur histoire personnelle
le laisse entrevoir); en revanche les dessinateurs de Charlie hebdo ont sans doute eu vraiment envie de faire ces
caricatures, et c'est ça qui doit être
défendu. Alors espérons que cette manifestation qu'on ait vraiment eu envie d'y
aller ou pas, dont le slogan va à l'encontre de ce qu'elle veut défendre, soit
suivie d'effets car c'est à chacun de nous de nous battre, de montrer qui nous
sommes, individuellement avec nos
propres moyens et nos propres talents aussi modestes soient ils, tout le temps
et sans attendre. Voilà pourquoi je ne suis pas Charlie.
suite le lendemain:
On me dit que je suis intentionnellement provocatrice en publiant ce texte avec ce titre "pourquoi je ne suis pas Charlie": on a donc déjà oublié que la raison pour laquelle les journalistes ont été assassinés est justement la provocation. C'est bien là le cœur du problème. L'oubli:
suite le lendemain:
On me dit que je suis intentionnellement provocatrice en publiant ce texte avec ce titre "pourquoi je ne suis pas Charlie": on a donc déjà oublié que la raison pour laquelle les journalistes ont été assassinés est justement la provocation. C'est bien là le cœur du problème. L'oubli:
L'oubli de la raison pour laquelle il y a de la violence, l'oubli des gens qui l'ont provoqué justement parce qu'on les a oubliés, pendant de nombreuses années et qui se rappellent à nous avec une force désespérée et désespérante , à la mesure sans doute de la force que nous avons employé nous les occidentaux pour les oublier, pour oublier leur statut d'être humains: et ça c'est Jurgen qui le refait surgir : nous sommes des colonialistes et nous continuons à l'être dans nos attitudes.
Pour lire les commentaires il faut cliquer ci dessous ça n'apparait pas tout seul (chez moi en tous cas) c'est mal fichu ce truc ;
Pour lire les commentaires il faut cliquer ci dessous ça n'apparait pas tout seul (chez moi en tous cas) c'est mal fichu ce truc ;
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
RépondreSupprimermoi aussi Je ne suis par Charlie, et pour toutes les raisons qu'à énoncer Marianne, elle a su bien poser ses mots, j’adhère!!!!!!!!!!!!!!
RépondreSupprimerCharlie qui?
RépondreSupprimerPar ce que Charlie a muté à vitesse grand V. Au départ un mouvement populaire et spontané. D’un coup des millions de gens de tout horizon se sont rassemblés dans les rues pour dire qu’on ne touche pas à leur droit de libre expression (duquel ils usent très rarement où seulement entre quatre murs) et qu’ils rendent hommage à ceux, qui pour l’avoir exercé, furent massacrés au nom d’Allah. Un court instant de grâce, et je ne pense pas de « moutonisme » ou disons plutôt d’aliénation habituelle. Presque simultanément, les représentants du pouvoir politique et les différents représentants des monothéismes (les catholiques en fin connaisseurs de croisades, génocides et soldats de dieu plutôt discrets, et les musulmans, ce n’est pas ça l’islam ! c’est quoi alors ?) se sont joints pour exprimer leur solidarité et faire leurs PR. La banalisation sur la toile a fait le reste. La mutation est presque achevée. Il reste un slogan, un tag line, une marque non-déposée. On est solidaires…avec quoi déjà ? Avec les flics ? Mais non en recommence a les insulter comme avant juste pour un PV. Avec Charlie Hebdo ? Pas vraiment, on se l’arrache par ce que notre singularité se résume souvent à vouloir ce que autrui désire (combien de gens l’on acheté sans le regarder ?). Alors peut-être avec tous les journalistes, caricaturistes, reporters à travers le monde qui sont en prison, torturés assassinés ? Non plus…chacun sa merde....
Alors on fait quoi ? Est-ce qu’on va user de notre liberté d’expression et s’interroger à voix haute pourquoi la France gère l’immigration et son intégration depuis 6 décennies comme si il n’y avait pas de problème. Isolations géographiques (banlieues pourries et cages de lapins), discrimination, etcetera, avec une arrogance postcoloniale ?
Et est-ce qu´on va demander aussi aux représentants de l’islam et aux imams un positionnement clair et net ? De se mettre d’accord sur les centaines de versets qui invitent à la guerre sainte, au djihad ? De reconsidérer le rôle de la femme. Bref des « écrits saints » qui ne sont franchement pas compatibles avec un système démocratique mais plutôt totalitaire. Les affabulations des 2 testaments ne sont certes pas beaucoup mieux, mais le temps passant fait qu’on les prend plus tellement au sérieux, à part quelques intégristes.
Ne soyons pas quelqu’un qui est devenu un enjeu politique et économique une marque non-déposée.
Soyons-nous même dans la considération d’autrui.
Jürgen
pas Charlie! pas Charlie! moi j'ai mis ma pancarte "je suis L'ARCHIE"
RépondreSupprimeret juste un tit mot, je ne pense pas qu'ils soient morts parce que ils ont provoqué... ça c'est les medias qui ont trouvé une "raison" à leur assassinat...mais NON ils ont ete tues comme d'autres l'ont été ou alors le simple fait d’être juif est vu comme une provocation aussi?