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samedi 15 novembre 2014

Les portails fleuris



Je ne savais pas que cela existait. mais ça existe même tellement qu’il y a des concours à ce propos. On peut les gagner quand on a accroché artistiquement à son portail des bacs à fleurs,  et avoir comme prix: un morceau d’animal mort , d’élevage ou pas, des bouteilles de vin, des trucs comme ça. Il y a aussi des concours de jardin fleuri, et surtout « d’abords de propriété  fleurie », catégorie pour laquelle je me sens particulièrement concernée. En effet devant notre portail, (non fleuri) et à côté, le long des granges  qui bordent la route, c’est un joyeux bordel d’orties, d’arbustes sauvages aux noms latins même pas référencés, de pissenlits (hé !  j’ai même vu des vielles dames les cueillir pour leur salade !) ….et,  dans le bulletin municipal, il est noté, après les éloges faits  à ceux qui s’en occupent que c’est aux propriétaires d’entretenir leurs abords.  Jürgen et moi nous nous regardons donc d'un air un peu coupable. Moi, j’aime mes abords non fleuris, ou qui fleurissent quand ils en ont envie, et notre portail,  très rafistolé et rouillé dont le trou pour passer le courrier n’est pas aux normes ( il a été fait au chalumeau par Monsieur Blandin, celui qui a entretenu et réparé  la maison à coups de fils de fer et de «bambous» (à prendre au sens littéral, au contraire de la signification courante de l’expression) pendant une dizaine d’année, ce que les postiers remplaçants (qui ne sont pas notre postière habituelle qui n’en est plus à ça près dans le village) ne manquent pas de nous rappeler à l’aide de formulaires types, qui eux arrivent à se glisser par ce trou pas aux normes. Bref. nous nous sentons donc visés, paranoïaques ou non, à  chaque fois qu’il s’agit de fleurir des abords des propriétés. Même nos voisins anglais qui ne sont pas là les 9/10eme de l’année ont des abords mieux que les nôtres. je n’arrive pas à comprendre pourquoi  alors que, des acanthes qui envahissent  littéralement notre jardin  quand on ne fait pas attention (car elles se reproduisent de 2 façons : 1/ par les  rhizomes qui courent dans le sous sol et ressortent là où ils veulent, 2/ par leurs graines  de la taille de grosses noisettes, qu’elles éjectent super loin hors de la membrane qui les contiennent accompagné d'un bruit genre sac en plastique gonflé et sur lequel on tape en classe de musique ou de dessin, quand la chaleur du mois d’aout  les fait donc «exploser »… ça casse même des vitres parfois, et fait peur aux filles de Jürgen qui ont cru, elles étaient encore petites que « des garçons jetaient des cailloux sur leur fenêtre"), des acanthes donc, je récupère quelques graines que je sème dans le fossé  pour entretenir mes abords, mais celles là , justement celles là, ne poussent pas ; Je veux bien que ce soit une histoire de lune (voir texte n° XX54678 sur le calendrier lunaire et l’influence qu’il est supposé avoir sur mes légumes), mais quand même ; elles seraient pourtant parfaites comme plantes pour nos abords : elles ont de belles feuilles ( ça c’est acquis depuis quand même  longtemps) et les fleurs ne sont pas mal non plus, roses et blanches en longues tiges, et les gros bourdons qui s’enfilent dedans et n’arrivent pas à en sortir avant un moment , font beaucoup de raffut avec leurs ailes à l’intérieur , c’est vivant, mais  bon en effet c’est une plante bruyante, et qui n’envahit pas là où on le lui demande . Une plante qui a ses têtes, qui ne se laisse pas faire, qui  ne sera pas celle qui fera que notre village sera classé « 4 fleurs », comme Tarbes il parait, non,  décidemment pas…

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